"Chroniques des Au-delàs" (1)
Comme promis, après la nouvelle « Je suis l’Ultime Perfection », je continuerai à publier régulièrement un extrait de nouvelle. Ainsi, au fils des semaines, vous pourrez découvrir un Univers qui me turlupine depuis déjà près de deux ans. Toutes mes productions en lien avec cette Univers se nommeront « Chroniques des Au-delàs ».
Je commencerai par une série de deux nouvelles simples et introductives. J’espère décanter ainsi mes idées qui sont encore en désordre. Ces deux textes en prose auront donc à dessein une portée très locale et très limitée (contrairement au texte « Je suis l’Ultime Perfection »). Ils seront étroitement liés et formeront un binôme indissociable. Une nouvelle à deux chapitres, si l’on veut. Je n’ai pas encore trouvé de titre à ces textes mais j’espère trouver au fil de l’écriture.
Bonne lecture !
Depuis le début d’après-midi, tous les hommes du village se sont réunis à la hutte communautaire. Malgré tous leurs efforts à le cacher, les femmes sont visiblement inquiètes. Même Mänis, qui n’a connu que cinq saisons vertes de Pringrübis, a bien vu qu’elles adressaient des prières à la déesse Läina, mère du destin, ou à d’autres dont l’enfant n’avait encore jamais entendu parler. Il a même remarqué les discrètes offrandes de sa mère enterrées près du pilier central de leur hutte.
Son grand frère Ödgars lui a expliqué que c’est la venue d’un barde sacré qui a mis le village en émoi. Il porte de mauvaises nouvelles d’au-delà de la forêt : les ennemis de la côte reçoivent régulièrement de nouvelles forces venues d’au-delà de l’étendu d’eau qui marque la fin de l’univers – c’est en tout cas ce que raconte la vielle Änisa, l’ancienne du village.
Mänis n’aime pas tous ces « au-delàs », ils sont si lointains et si effrayants. De plus, Mänis ne comprend pas la gravité des « grands ». Le village se porte bien et il reçoit la visite d’un barde sacré. Il n’en a jamais vu mais Ödgars lui avait raconté les superbes soirées de veillés et de fêtes qui accompagnent ordinairement leur venue. Ces prestigieux vagabonds connaissent toutes les histoires des héros et des dieux, qu’ils racontent aux enfants pendant que les parents honorent Pringrübis, Pehrkön, Läina et tous les autres dieux par leurs chants, leurs danses, leurs amusements et leurs sacrifices. « Tout ceci doit être merveilleux », se dit le garçonnet.